What international collaboration really changes (and why it matters) | Ce que la collaboration internationale change vraiment (et pourquoi ça compte)
By Christelle Gondat
As we’ve noted, communities of practice involve the sharing of stories, as they are practitioner spaces, which recognize the value of many ways of knowing about our work, exploring diverse perspectives, as told through our real life experiences. Over the next few weeks and months, we’ll be sharing some of those stories—the topics that each of us are passionate about, reflecting the range of experiences we all bring to the lab table. This week, Christelle Gondat shares her story, we hope you enjoy it! Aujourd'hui, Christelle Gondat nous partage son point de vue. Lisez son histoire en français ci-dessous.
When working in RFT or ACT, we talk a lot about context, variability, and function rather than form. And yet, for a long time, many of these models developed in a very specific context: that of the English-speaking, academic, occidental world. In recent years, something has clearly changed. As a French practitioner working in Reunion Island, this is particularly relevant to me. Connecting with the wider world is essential, both for opening ourselves to knowledge and for better internalizing concepts.
RFT seeks to understand how language shapes the way we think, feel, and act. But how can we claim to understand human language without looking at what happens in different languages, different cultures, and different social contexts?
International collaboration is therefore not a “bonus” for RFT: it is almost a scientific necessity. Working with teams from other countries forces us to test our concepts elsewhere, to accept that they may change, and sometimes to recognize their limitations. And that is exactly what makes them more robust.
ACT is now practiced in many countries, but it is never quite the same from one place to another. Metaphors change. Work on values takes different forms. The way we talk about suffering, the self, and acceptance varies enormously. While our contexts and references are constantly changing, we still find ourselves on common paths. These differences are not obstacles: they are a source of learning.
In a very concrete and pragmatic way, international collaborations allow us to develop better translated and validated tools, to develop programs adapted to children, families, and educational contexts, to exchange research conducted on more diverse populations... ultimately, a more horizontal circulation of knowledge, including from non-English-speaking countries.
For many practitioners, this also means feeling less alone, less “out of step” with the dominant model, and more legitimate in their local adaptations. What I find most striking about RFT and ACT is perhaps this: beyond theoretical models, there is a vibrant, curious, reflective international community that is often very humble in the face of human complexity.
In a world where therapeutic approaches can quickly become normative or prescriptive, this culture of dialogue, doubt, and co-construction is invaluable.
If RFT and ACT continue to develop, it will be less thanks to isolated “experts” than thanks to bridges: between countries, disciplines, languages, and practices. And ultimately, this is perhaps where they are most consistent with what they stand for: a deeply contextual, relational, and… human science of behavior.
Quand on travaille en RFT ou en ACT, on parle beaucoup de contexte, de variabilité, de fonction plutôt que de forme. Et pourtant, pendant longtemps, une grande partie de ces modèles s’est développée dans un contexte très précis : celui du monde anglophone, universitaire, occidental. Depuis quelques années, quelque chose a clairement changé. En tant que praticien français travaillant à La Réunion, cela me concerne tout particulièrement. Faire du lien avec le reste du monde est une nécessité tant pour notre ouverture à la connaissance que pour mieux s’approprier les concepts.
La RFT cherche à comprendre comment le langage façonne notre manière de penser, de ressentir et d’agir. Mais comment prétendre comprendre le langage humain sans regarder ce qui se passe dans différentes langues, différentes cultures, différents contextes sociaux ?
La collaboration internationale n’est donc pas un “bonus” pour la RFT : elle est presque une nécessité scientifique. Travailler avec des équipes d’autres pays oblige à tester nos concepts ailleurs, à accepter qu’ils se transforment, parfois à reconnaître leurs limites. Et c’est exactement ce qui les rend plus solides.
L’ACT est aujourd’hui pratiquée dans de nombreux pays, mais elle ne se ressemble jamais tout à fait d’un endroit à l’autre. Les métaphores changent. Le travail sur les valeurs prend des formes différentes. La manière de parler de la souffrance, du soi, de l’acceptation varie énormément. Alors que nos contextes et références sont en constante mouvance, nous nous retrouvons malgré tout sur des chemins communs. Ces différences ne sont pas des obstacles: elles sont une source d’apprentissage.
De manière très concrète et pragmatique, les collaborations internationales nous permettent de développer des outils mieux traduits et mieux validés, de développer des programmes adaptés aux enfants, aux familles, aux contextes éducatifs, d’échanger sur des recherches menées sur des populations plus diverses…finalement, une circulation plus horizontale du savoir, y compris depuis des pays non anglophones.
Pour beaucoup de praticiens, cela signifie aussi se sentir moins seuls, moins “à côté” du modèle dominant, et plus légitimes dans leurs adaptations locales. Ce que je trouve le plus marquant dans la RFT et l’ACT, c’est peut-être ceci : au-delà des modèles théoriques, il existe une communauté internationale vivante, curieuse, réflexive, souvent très humble face à la complexité humaine.
Dans un monde où les approches thérapeutiques peuvent vite devenir normatives ou prescriptives, cette culture du dialogue, d doute et de la co-construction est précieuse.
Si la RFT et l’ACT continuent à se développer, ce sera moins grâce à des “experts” isolés que grâce à des ponts : entre pays, disciplines, langues et pratiques.
Et finalement, c’est peut-être là qu’elles sont le plus cohérentes avec ce qu’elles défendent : une science du comportement profondément contextuelle, relationnelle… et humaine.